Encore un rhum plein de rebondissements / Another rum full of twists

Encore un rhum plein de rebondissements, les bateaux qui volent perdent leur ailes et celui qui ne vole pas, l’emporte pour la troisième fois. Bravo Francis, tu confirmes, non seulement que les vieux pots font les bonnes soupes mais qu’un « vieux » chef en a toujours sous la toque. Toi qui donne parfois l’impression de ne pas aimer la compétition, tu serais même du genre à rendre tes étoiles pour ne pas subir la pression et continuer de concocter cette cuisine discrète, sans artifice mais terriblement efficace. Évidement ce genre de plat a parfois un goût amère pour ceux qui n’ont pas ton palais. Chacun sait que tu n’as nul besoin des honneurs, et pour ne pas en faire trop, je suis presque certain que tu vas vite trouver le moyen de fuir les obligations terriennes en prétextant l’urgence de ramener ton navire par la mer, et profiter encore de ton royaume.

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Another Rhum full of twists, the flying boats lose their wings and the boat who does not fly wins for the third time. Bravo Francis, you confirm, not only that old pots make good soups but that an "old" chef always has something up his sleeve. You sometimes give the impression of not liking the competition, but you are the type to refuse the accolades to avoid being under pressure and continue to concoct your simple but very effective secret recipe.
Obviously this kind of dish sometimes has a bitter taste for those have different tastebuds.
Everyone knows that you do not need fame & glory, and don’t want to make a huge deal about it, so I am almost certain that you will soon find a way to escape your obligations on land, and get back on the ‘road’ to enjoy your kindom at sea!”

Départ magnifique de st Malo / Beautiful departure from St Malo

Départ magnifique de Saint Malo ,la nuit à raser les cailloux, passage du Fromveur entouré de dauphins et de phares en tous genres. Puis une mer pas confortable nous a cueillis. Le golfe de Gascogne est gris .

Mais un bout de ciel bleu pointe à l’horizon. Peut être un morceau de soleil à caler dans le viseur de mon sextant. Et au plus vite vers l’abri de la côte nord espagnole avant que la tempête ne s’abatte sur Happy, qui pour l’instant est très content

Beautiful departure from St Malo, all night long sailing with the stones, close to the shave, passage of the Fromveur surrounded by dolphins and lighthouses of all kinds. Then we were picked by an uncomfortable sea. The Bay of Biscay is grey.

But a piece of blue sky is on the horizon. Maybe a piece of sunlight to wedge into my sextant's viewfinder. And as quickly as possible to the shelter of the north Spanish coast before the storm falls on Happy, who is very happy for the moment

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Cela commence à chauffer sous les bonnets ! même si mon sextant et mon baromètre s’impatientent, ce dernier est un peu dans l’expectative quand il me voit regarder sur un écran, les prévisions météo pour le départ et les jours à suivre. Le moins que l’on puisse dire c’est que, pour l’instant, ce n’est pas joli joli. Un système complexe de dépressions va nous faire souffrir, On a beau être HAPPY, quand ça bastonne comme ça, c’est franchement Rock et complètement Roll. Bref, cela à le temps de changer. Pour l’instant, St Malo est en fête; les enfants d’Action Enfance sont venus défaire un joli ruban bleu qui ceinturait le petit Jaune. Ils sont repartis partager ces jolis souvenirs et suivre l’aventure de “leur” bateau.

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It's starting to get hot under the hats! Even if my sextant and my barometer are getting impatient, the latter is a little anxious when he sees me looking at a screen, the weather forecasts for the start and the days to come. The least we can say is that, for the moment, it's not pretty. A complex system of depressions will make us suffer, we may be HAPPY, but when it hits like that, it's definitely Rock and completely Roll. In short, it has time to change. For the moment, St Malo is celebrating; the children of Action Enfance have come to undo a pretty blue ribbon that surrounded the little Yellow. They left to share these beautiful memories and follow the adventure of "their" boat.

Entrainements

Déjà septembre et sa première dépression, la pluie remplit enfin les nappes phréatiques et rince le pont chargé de sel d’Happy, blottit à l’abri dans le port du Pouliguen.

Dans quelques jours, nous allons le sortir de l’eau chez nos amis de No Limit à la Trinité. Un peu de boulot sur la coque, pas mal de bidouilles à finir et remise à l’eau vers le 8 octobre.

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LOÏCK PEYRON ET LA FONDATION ACTION ENFANCE : UN VOYAGE UNIQUE POUR LES 40 ANS DE LA ROUTE DU RHUM

LOÏCK PEYRON ET LA FONDATION ACTION ENFANCE : UN VOYAGE UNIQUE POUR LES 40 ANS DE LA ROUTE DU RHUM

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LA FONDATION ACTION ENFANCE ET LOÏCK PEYRON :

UN VOYAGE UNIQUE POUR LES 40 ANS DE LA ROUTE DU RHUM


Le 4 novembre prochain, Loïck Peyron, tenant du titre de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, prendra le départ de Saint-Malo pour rejoindre Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à bord du petit Trimaran jaune « Happy », sister ship d'Olympus, vainqueur de la première édition en 1978. Une chose est sûre, Loïck Peyron ne gagnera pas cette fois-ci mais il relève le défi de naviguer à « l’ancienne » et de vivre une aventure historique avec carte papier et sextant entre les mains pour tracer sa route… Pour ce nouveau défi, il sera entouré et soutenu par la Fondation ACTION ENFANCE, son partenaire pour cette course mythique.

Un alignement des planètes
C’est au détour d’une rencontre que cette belle histoire débute. Partageant des valeurs communes telles que la solidarité, l’authenticité, le dépassement de soi ou encore le goût de l’effort et de l’aventure, Loïck Peyron et la Fondation ACTION ENFANCE se sont naturellement retrouvés autour de ce challenge sportif et humain.
Pour les 40 ans de la Route du Rhum, Loïck Peyron était à la recherche d’un partenariat porteur de sens. Sensible à la cause des enfants, c’est donc tout naturellement qu’il a décidé d’élever la voix d’ACTION ENFANCE.
Une évidence aussi pour la Fondation qui organisait, dans les années 60, les premières colonies de vacances à Loctudy (en Bretagne), autour de stages de voile.

« Je participe à la Route du Rhum pour la 8ème fois sur mon petit trimaran "Happy", qui va porter les couleurs de la Fondation ACTION ENFANCE. Pourquoi ? Quitte à porter des couleurs autant que ça serve à quelque chose.
Je trouve émouvant de faire "traverser l’Atlantique" aux enfants et de les faire rêver avec quelques poissons volants. D’autant plus que ce sont des enfants qui ont vécu des difficultés familiales très lourdes. Et puis, étant moi-même issu d’une fratrie de cinq enfants, permettre à des frères et sœurs de grandir ensemble me touche profondément.
 » Loick Peyron - navigateur

C’est d’ailleurs au cœur de l’un des Villages de la Fondation que Loïck Peyron a rencontré les enfants pour la première fois le 27 août dernier. L’occasion, pour lui, de transmettre le temps de quelques échanges sa passion pour le monde de la voile.
Une rencontre importante qui lui a permis de mieux comprendre le fonctionnement d’un Village d’Enfants et d’échanger avec les équipes éducatives.

 Aujourd’hui, à l’occasion du Trophée des Multicoques, Loïck Peyron et quelques enfants ont hissé le spi aux couleurs d’ACTION ENFANCE, symbole fort de cette histoire écrite à quatre mains.

Porter haut les couleurs de la mission de la protection de l’enfance
Le 4 novembre 2018, le coup d’envoi de cette course sera donné à Saint-Malo. L’équipe de la Fondation ACTION ENFANCE sera aux côtés du navigateur pour le soutenir dans ce voyage inédit.
« Les valeurs que Loïck Peyron n’a cessé de porter tout au long de sa carrière, sont aussi celles qui constituent le moteur de la Fondation et qui guident son développement depuis 60 ans. Nous sommes ravis et honorés que ce célèbre marin ait souhaité s’engager à nos côtés. Pour ACTION ENFANCE, ce partenariat est un véritable booster de visibilité dont nous avons besoin pour exister auprès des publics et mettre un coup de projecteur sur la cause de la protection de l’enfance. Rappelons qu’aujourd’hui en France plus de 300 000enfants souffrent de maltraitance, de négligence ou sont tout simplement livrés à eux-mêmes en l’absence d’un cadre familial stable. »  
François Vacherat – Directeur Génénal de la Fondation ACTION ENFANCE

 

    

À propos de la Fondation ACTION ENFANCE
En France depuis 60 ans, ACTION ENFANCE a pour mission de protéger l’enfance. La Fondation accueille, protège et éduque des frères et sœurs en danger, de la petite enfance à la vie adulte. Séparés de leurs parents sur décision du juge des enfants, pour cause de maltraitance, de négligences ou encore de graves difficultés familiales, les 750 enfants confiés à ACTION ENFANCE sont ainsi réunis dans des Villages d'Enfants, composés d'une dizaine de maisons à taille humaine et chaleureuses, dans lesquelles ils peuvent se reconstruire, entourés d'éducateurs familiaux. ACTION ENFANCE porte en effet la conviction que frères et sœurs grandissent mieux ensemble en leur offrant un cadre stable, éducatif et protecteur, afin de les aider à mieux grandir et s’insérer dans la société. ACTION ENFANCE est une Fondation agréée par le Comité de la Charte du don en confiance.www.actionenfance.org  
                                                                                                                          

À propos du P’tit Jaune : rappel de l’histoire
Trouvé sur internet par Loïck, HAPPY a été ramené d'une rivière près de Plymouth à Vannes. Ce voilier, en bois de douze mètres de 1980, a ensuite passé quatre mois bien au chaud chez Multiplast, remis à neuf dans les règles de l'art par une équipe de copains. Sans partenaire financier, le navigateur impliqué depuis trente ans dans les évolutions technologiques les plus pointues de la voile moderne voit ici l'un de ses plus beaux rêves se réaliser : « Aujourd’hui, c’est un vrai bonheur partagé de voir ce petit trimaran dont les flotteurs bananés donnent le sourire », confie Loïck.

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ACTION ENFANCE AND LOÏCK PEYRON, TOGETHER FOR THE ROUTE DU RHUM 2018!

 

On November 4th, Loïck Peyron, winner of the previous Route du Rhum, will start from Saint-Malo and sail to Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, aboard the little yellow Trimaran "Happy".

This year, Loïck Peyron takes up the challenge of sailing "the old way" and to live a historical adventure with only a paper map and sextant between the hands to chart his course.

For this new challenge, he will be surrounded and supported by the ACTION ENFANCE Foundation, his partner for this legendary race.

"I participate in the Route du Rhum for the 8th time on my little trimaran ‘Happy’ who will wear the colors of the Foundation ACTION ENFANCE. Why? Quit to wear colors unless it serves something. I find the idea of “crossing the Atlantic" is moving to children and makes them dream with some flying fish! Especially since these are children who have experienced very heavy family difficulties. And then coming from a sibling of five, allowing brothers and sisters to grow up together touches me deeply.”

-LP

 

                                                                                                                                                                       

From Lipton to Redbull

From Lipton to Redbull

The 35th edition of the America's Cup has just ended in Bermuda. It was absolutely amazing but it seems that this revolution, initiated seven years ago by Larry Ellison and sir Russell Coutts is still finding it's footing.

This 167 year old lady the America's Cup has had a lot of face lifts. The Clinics of Valencia and San Francisco had left only the skin on her bones, and this last Bermudian transformation just caused her to lose her DNA. Certainly, the surgeons in charge of the treatment, passionate lovers and many times her escort, only wanted the best for her. Promising her a new youthful glow from the touch of wise experienced men. We believed it instantly, even while facing the distorting mirror of novelty we believed in this transformation.

Naturally every revolution unleashes the passions and the pitfalls. Of course the pinnacle of the sailing world could not resist the call to speed any longer. Full of concentrated technology requiring incredible talent...from the conception, to the builders, to the exceptional drivers, these catamarans flying above the sea at 80kmh fascinated us since San Francisco, four years ago.

The conundrum is that a ship which goes fast doesn’t need sails, and so therefore no need of sailors. To be precise, these flying multihulls certainly require a minimum of sail propulsion to take off, but once in the air, too much sail surface only generates extra drag. So there are no more spinnakers, no genoa, no gennaker. They also have an enormous need for energy to operate and regulate their appendages (foils rudder, wing). This energy, generally hydraulic, is partially stored in accumulators and is totally generated by "sailors" who practically do nothing but pedalling or turning cranks.

On these AC50 boats that have been racing on the last months, we have four hard working hamsters, one pilot and one wing adjuster in charge of the "throttle". It would be very easy, if it was allowed, to replace the 4 big arms (or thighs) with one engine. This would make the maneuvers more fluid and faster and would increase the tactical interest. Since the tacking sequence is limited by the amount of oil pressure, the helmsman can only initiate a turn if the lights are "green" or when the hamsters are all red ...which is almost the same.
How does one differentiate a winner and second place? The winner is the one who commits the least amount of errors. On these 'press button' catamarans, the errors are quite visible and sometimes spectacular (capsizing, untimely landings…) but the causes are not. They can come from an impressive degree of parameters that are totally opaque in the eyes of the public, and sometimes even the sailors themselves. Is this the right way to excite the crowds?

Hmmm... But if they can't understand the error, how can they appreciate an accurate execution? How can we differentiate luck from talent when the consequence of a choreographed move and a perfect synchronisation of things are not simple to see or to hear?

I can tell you one thing; the task of a commentator is sometimes difficult, even if the quality of images offered is exceptional. The artistic notes or lack thereof are relatively easily attributed, especially for a capsize, but concerning the technical subtleties, we are in a technological fog devoid of emotion. In the final phases of the challenger series, four additional cameras were installed on the ship. To see what else? A talented New Zealand team pressed up “against the clock”, two-thirds of the crew heads down toward the pedal (not even knowing where they are and barely where they are going) facing four handsome fellows cranking on cranks, before running over to the other hull to do the same.

The main characteristic of a revolution is sometimes to come back to the starting point, most importantly having learned from the journey. I think it's fair to say that these exciting few years have taught us much and confirmed quite a few things.

Yes, it was necessary to change the format, equally important how the races were sailed and how best to share this spectacle. And many positive developments are to be credited to the last defenders (OTUSA).

Most private ship-owners have fled and are taking refuge on the Class J (replicas of the great historic monohulls of the early 19th century) and the maxi monohulls. They are expecting a sign (which may come from New Zealand in few weeks) to show their affectionate heartbeat again.

There are half as few teams involved than in 2007 despite a transition to monohulls (which is supposed to be cheaper and therefore attractive)

This confirms that the current product, although theoretically attractive, is not easy to sell in its entirety on the communication markets. Sailing is not a major sport, even though there are some extremely popular events sometimes, France is the only country very well served by its regional products like the Vendée Globe and the Route du Rhum.

Willing to make the America’s Cup a consumer product (and therefore commercial) is a laudable but delicate endeavour. Stickers & logos don’t fit and sometimes hurt her; she is never fulfilled because she loves the spotlight, but only gets to be in it every four years. The time away to be better desired by this small handful of passionate ship-owners have made it a frantic court for more than a century and a half, without which very few teams would be present.

SHOOTER GENERATION

We want to be drunk right away without going through the tipsy part. Just happy to consume two or three videos on the net, with flying boats, Soap boxes hanging from a hill, fading out to silhouettes of Batman costumes gazing at the mountains, and then we move on something else.
Michel Audiard makes Jean Gabin say in the movie 'Un singe en hiver' "I do not lack of alcohol, I miss drunkenness"

My third participation in the America’s Cup has just ended and it was a fascinating experience, but while watching and commenting on what the spectacle offered, I missed the drunkenness: The drunkenness of history and merit, Sailors working in unison handling hundreds of square meters and kilometers of ropes; the drunkenness of sharing between fiery youth and respect of experience.

The Cup has been full of a beverage aged in barrels for decades, it is true that to appreciate it requires an acute palate and a certain tendency to vintage. And for the initiated who have journeyed into this vast world of sailing passion, it's patiently allowed us to grasp all its nuances, and given us the desire to understand its finesse. While sometimes bitter for the defeated, it's fragrance and tannins are a result of generations of passionate ship-owners and talented sailors concocting this special vintage for us. In contrast, today we are served a concentrated blast of explosive juice whose first scents rip through the palate and prick the eyes, but the flavour does not retain in the mouth.

So yes, for the shooters addicts, one can make an annual circuit of "formula one sailing bubble something shots" with just one pilot and one co-pilot, helmed and harnessed like samurai, on a flying boat, capsizing, running and changing foils in pit stops between two heats. In short, a pure product perfectly suited to the very concept of these so called energizing drinks that make you rush higher only to crash hard for even longer. A nice drink to guzzle with enough time to wolf down three pizzas and two cartons of popcorn. But this is not the America’s Cup

I do not mean that it was better before, because that's not entirely true either. But we are talking about THE America’s Cup ! It’s not that concentrated stuff. And I cannot help but think that there is surely a middle ground between the spectacle with the popular potential, and the majesty of the maneuvers of a monohull. 

- What ?

- That’s what I said and YES a monohull !!!

- But its too crazy, we will never comeback to monos, you are nuts! 

- Yes, well, maybe but imagine this

A monohull of the future, ultra light and unstable enough to have only the best helmsmen (not only young), yet sufficiently safe that we continue to see proud ship-owners happy to take the helm occasionally, fast enough to frighten more than one, big enough to reconnect with the vintage elegance and the crew choreography, risky enough to create interest for all, sufficiently athletic requiring only the best; and finally, the most importantly, just slow enough to still see a good bunch of sailors with true "ropes" in hands and real sails in the eyes.

LP

De Lipton à Redbull

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De Lipton à Redbull

Dans quelques jours, s’achève aux Bermudes la 35ème édition de l’America’s cup. Cette révolution, initiée il y a sept ans par Larry Ellison et sir Russel Coutts, est encore flageolante.

La vieille dame de 167 ans, aura subi bien des liftings. Les cliniques de Valence et de San Francisco ne lui avaient laissés que la peau sur les os et voilà que cette ultime transformation Bermudienne vient de lui fait perdre son ADN.

Certes, les chirurgiens en charge du traitement, actuels amants passionnés et maintes fois gigolos à son service, ne lui voulaient que du bien; lui promettant une nouvelle jeunesse sur ces engins fous pilotés par des sages. On y a cru un instant face au miroir déformant de la nouveauté, on y a cru parce que toute révolution déchaine les passions et souvent le contraire.

Bien sûr le pinacle de la voile ne pouvait résister plus longtemps encore aux sirènes de la vitesse. Concentrés de technologies, nécessitants le talent de concepteurs, de constructeurs et de barreurs exceptionnels ; ces catamarans volants au dessus des flots a plus de 80 kmh nous avaient déjà fascinés il y a quatre ans a San Francisco.

Mais le problème est qu’un navire qui va vite n’a pas besoin de voiles, et donc pas besoin non plus de marins. Pour être précis, ces multicoques volants, nécessitent certes un minimum de propulsion vélique pour décoller ; mais une fois en l’air, trop de surface de voile ne génère que de la trainée supplémentaire. Il n’y a donc plus de spi, plus de génois, ni de gennakers. Ils ont aussi un énorme besoin d’énergie pour manœuvrer et régler leur appendices (foils, gouvernail, aile); cette énergie, généralement hydraulique est en partie stockée dans des accumulateurs et en totalité crée par les « marins » qui ne font pratiquement rien d’autre que pédaler ou tourner des manivelles. Sur les AC 50 qui s’affrontent aux Bermudes depuis un mois, nous avons donc 4 hamsters 1 pilote et un régleur d’aile responsable de la « manette des gaz ». Il serait très facile, si le règlement le permettait, de remplacer les 4 gros bras (ou grosses cuisses) par 1 moteur, cela rendrait d’ailleurs les manœuvres plus fluides et rapides et augmenterait d’autant l’intérêt tactique. L’enchainement des virements de bords ou empannages étant limitées par la quantité d’huile sous pression, le barreur ne peut déclencher une manœuvre que si les voyants sont « verts » ou, quand les hamsters sont tout rouges ce qui revient presqu’au même !

Comment fait on la différence entre un vainqueur et son dauphin, le vainqueur est celui qui commet le moins d’erreurs. Sur ces catamarans presse boutons, celles-ci sont bien visibles et parfois spectaculaires (chavirages, amerrissages intempestifs…) mais les causes ne le sont pas et peuvent être dues à une quantité impressionnante de paramètres totalement opaques aux yeux du public et parfois même des marins eux mêmes. Est ce le bon moyen pour passionner les foules ? Si je ne peux comprendre l’erreur, comment apprécier le beau geste. Comment différencier la chance du talent quand les conséquences d’une chorégraphie et d’une synchronisation parfaite des choses à faire ne sautent pas aux yeux et très peu aux oreilles ? Je peux vous dire que la tache d’un commentateur est parfois difficile, et ce quand bien même la qualité des images offertes soit exceptionnelle. La note artistique est assez facile à attribuer surtout lors d’un chavirage catastrophe, mais pour ce qui concerne la note technique ont se dépatouille dans un brouillard technologique dépourvu d’émotion. Lors des phases finales des challengers series, quatre caméras supplémentaires ont été installées sur les navires. Pour voir quoi de plus ? Une talentueuse équipe new zélandaise déguisée en contre la montre, dont les deux tiers de l’équipage pédale tête baissée, ne sachant même pas où ils sont et à peine où ils vont, face à quatre beaux gaillards ahanant sur des manivelles avant de courir sur l’autre coque pour faire la même chose. Pas très instructif tout ça !

Le propre d’une révolution est parfois de revenir au point de départ mais en ayant appris quelque chose pendant le trajet, alors disons que ces quelques années passionnantes nous ont enseigné et confirmé pas mal de choses :

-       Oui il fallait bouger les lignes, tant sur la manière de régater que sur la manière de partager ce spectacle. Et beaucoup d’évolutions positives sont à mettre au crédit des actuels defenders.

-       La plupart des armateurs privés ont fuis et sont aller se réfugier du coté des Class J (répliques des grands monocoques historiques du début 19ème) et des maxi monocoques. Ils n’attendent qu’un signe (qui viendra peut-être de la Nouvelle Zélande dans quelques jours) pour manifester, à nouveau, leurs palpitations amoureuses.

-       Il y a deux fois moins d’équipes engagées qu’en 2007 malgré une transition vers la monotypie sensée être moins chère et donc attractive.

-       Je serais curieux de voir les audiences de ce pur produit télévisuel qui, bien que palpitant, ne semble pas attirer beaucoup de "nouveaux clients". Pour la France, en tout cas, cela ne semble pas très brillant.

Tout cela pour dire que le produit actuel, quoique théoriquement attirant, n’est pas facile à vendre en totalité sur les marchés de la communication. La voile n’est pas un sport majeur, il y a parfois quelques évènements extrêmement populaires et sur ce plan là. La France est le seul pays très bien servi par ses produits régionaux comme le Vendée globe ou la Route du rhum.

Vouloir faire de l’America’s Cup un produit grand public et donc commercial est une volonté louable mais délicate. Les autocollants lui vont et lui font mal, ne suffisant jamais à la satisfaire pleinement, tellement elle aime le strass et la lumière, mais tous les quatre ans seulement. Le temps pour elle de se faire oublier et mieux se faire désirer par cette petite poignée d’armateurs passionnés qui, depuis plus d’un siècle et demi, lui font une cour effrénée et sans qui très peu d’équipes seraient présentes.

Génération shooter,

On veut être saoul tout de suite sans passer par le stade pompette, on consomme deux trois vidéos sur le net, avec des bateaux qui volent, des caisses à savon qui dévalent une colline ou des fondus déguisés en Batman frôlant les montagnes ; et on passe à autre chose. Michel Audiard fait dire à Gabin dans un -Singe en hiver-  « ce n’est pas l’alcool qui me manque, c’est l’ivresse ». Ma troisième participation à l‘America’s cup vient de s’achever et ce fut encore un expérience fascinante mais en regardant et commentant le spectacle offert, il me manque cette ivresse : L’ivresse de l’histoire et du mérite, l’ivresse des marins travaillant à l’unisson maniant des centaines de mètres carrés de voiles et des kilomètres de cordages. L’ivresse du partage entre la jeunesse fougueuse et le respect de l’expérience.

La coupe était pleine d’un breuvage vieillit en fût depuis 160 ans, il est vrai que l’apprécier nécessitait d’avoir un minimum de goût et une certaine tendance au vintage. Mais ce voyage initiatique dans ce vaste monde de la passion voile permettait patiemment d’en saisir toutes les nuances, et donnait l'envie d’en comprendre toute la finesse. Breuvage parfois amer pour le défait, mais parfumé d’aventures et de tanins que des générations d’armateurs passionnés et de marins talentueux ont sut nous concocter. On nous sert aujourd’hui un concentré de jus explosif dont les premières saveurs arrachent le palais et piquent les yeux mais dont rien ne reste en bouche.

Alors oui, pour les accros du shooter, on peut faire un circuit annuel de Formula One sailing bubble drinking machin chose avec juste 1 pilote et 1 copilote casqués et harnachés comme des samouraïs, sur des bateaux volants, avec chavirages, sorties de piste et changements de foils aux stands entre deux manches. Bref, un pur produit parfaitement adapté au concept même de ces boissons dites énergisantes qui font temporairement monter plus haut pour stagner plus bas encore plus longtemps. Un joli spectacle pour ébouriffer, le temps d’engouffrer trois pizzas et deux cartons de pop corn. Mais ça, ce n’est pas l’America’s Cup.

Je ne veux pas dire que c’était mieux avant, parce cela n’est pas tout a fait faux. Mais ici on parle de l’America’s Cup ! Ce n’est pas rien ce truc ! et je ne peux m'empêcher de penser qu’il existe surement un juste milieu entre le spectacle au potentiel populaire, et la majesté des manœuvres d’un Monocoque ! Ça y est je l’ai dit. Et oui un monocoque !

« What ? Mais c’est n’importe quoi ! On ne reviendra jamais en arrière, t’es dingue ! »

- Oui peut-être, mais imagine un peu ça :

Un monocoque du futur, ultra léger et suffisamment instable pour n’avoir que les meilleurs (jeunes) barreurs issus entre autre des filaires olympiques, suffisamment sécurisant pour continuer à voir des armateurs fiers et heureux de prendre la barre occasionnellement, suffisamment rapide pour en décoiffer plus d’un, suffisamment grands pour renouer avec l’élégance d’hier, suffisamment casse gueule pour attirer le chaland de passage, suffisamment athlétiques pour n’embarquer que les meilleurs, et enfin juste assez lents pour encore voir une bonne quinzaine de Marins avec des vrais « ficelles » dans les mains et de vrais voiles dans les yeux ….

Loïck PEYRON


Terre...

Terre...

Les bottes sont rangées, pas loin de la cheminée…noël arrive si vite. Pen Duick II est sagement amarré dans le port du Pouliguen. Mardi, nous le ramènerons dans les bras des ses fidèles serviteurs à l'ENVSN.  Désolé, mais le coeur n'y était pas pour écrire quelque chose depuis notre demi tour au milieu de l'Atlantique.

Le cerveau en jachère, embrumé par une météo maussade, des vents contrariants et une mer chaotique, n'avait pas envie de s'épancher. Certes, j'avais moins de chemin à faire vers New York, mais j'ai senti que le bateau souffrait trop. Ce premier stigmate, discrète cicatrice sur le pont mais réelle blessure, était un signe. Alors faire demi tour s'imposait comme la plus sage et douloureuse décision. Mais cette frustration, marinée pendant ces 10 derniers jours dans une saumure humide, a disparu sous la chaleur de l'accueil des copains du Pouliguen. 

J'ai cette chance de choisir mes souffrances, donc aucune raison de m'en plaindre. Et l'érosion des souvenirs ne laissant en mémoire que les bons, je commence déjà, en dérushant les images filmées, à avoir envie d'y retourner… c'est bon signe !

Histoire géniale à préparer et à tenter, je ne retiens que ces moments de partage avec mon fidèle Jean Bapt, avec l'équipe de l'ENVSN, Isabelle, David, Gwen, Lulu et les autres qui auraient bien voulu aussi visiter New York; avec l'association Eric Tabarly, Gérard, Jacqueline, et tous les amis du projet "Sailing Legends"… 

Tellement heureux de lire aujourd'hui ces commentaires passionnés, générés par ce coup de projecteur sur Eric et ses bateaux légendaires.

 Ces 25 jours passés à bord de Pen Duick II m'ont confirmé cet amour de la mer, des bateaux et des gens qui vont dessus, je ne sais pourquoi, mais je ne m'en lasse pas. Toutes ces choses que seuls les marins connaissent, ces moments difficiles sans témoin, les oreilles aux aguets et la truffe en l'air, appréciant ce temps qui glisse sous la coque et disparait dans le sillage, ce vent qui gonfle et cette mer qui enfle, toute cette énergie vitale que l'on veut retrouver au plus vite quand les vicissitudes terriennes, trop vite, imposent leur rythme. 

Dans une semaine c'est Chicago, où je vais rejoindre avec un immense plaisir mes collègues d'Artemis Racing pour la prochaine étape des ACWS. Vitesse, quand tu nous tiens…

 

The boots are in a row, drying not far from the fireplace... Christmas arrives so quickly!

Pen Duick II is quietly moored in the port of Pouliguen, Tuesday we will bring him back into the arms of his faithful servants at the ENVSN. Apologies, but the heart was not there to write something sooner for our U-turn in the middle of the Atlantic. The brain was clouded by the gloomy weather, contrary winds and a chaotic sea, did not want to spill. Admittedly, I had a shorter distance to New York, but I felt that the boat was suffering too. The first sign was a discreet scar on the deck, but real injury was just waiting to happen. A turn around was needed, a very painful but wise decision. And the frustration that steeped in it's kettle for the past 10 days during the return home instantly disappeared under the warm welcome of my buddies in Le Pouliguen.

I have this unique opportunity to choose my way of suffering, so I have no reason to complain. And the erosion of those memories that reveal the positive ones as I excitedly watch the filmed images make me want to go back... That's a good sign!

A great history of preparation and attempt, I will always remember sharing these moments with my faithful JeanBapt, the team of ENVSN, Isabelle, David, Gwen, Lulu and others who would have liked to also visit New York, with the Association Eric Tabarly, Gerard, Jacqueline, and all my friends of the 'Sailing Legends' project...

So happy today to read the passionate commentaries generated by the spotlight on Eric and his legendary boats.

The 25 days aboard Pen Duick II have confirmed to me that, I don't know why, but I will never get tired of a love of the sea, boats and people going on, all those things that only sailors know, the hard times without witnesses, ears alert and the nose in the air, enjoying the time that slips away under the hull and disappears in the wake, the swell of the wind and the swell of the sea, all this vital energy that we want to recover as the earth spins too fast and imposes it's rhythm.

In a week I will be in Chicago, The Windy City, where with great pleasure I will reunite with my Artemis Racing colleagues for the next stage of the America's Cup World Series.

Speed...when you hold us....

 

 

 

 

 

 

Cap à l'Est depuis hier, déçu de ne pouvoir amener Pen Duick II de l'autre côté. Un gros trou dans le pont à l'avant du bateau, avalait des litres à chaque vague. Vite, on affale la trinquette qui vole avec ce morceau de pont fouettant l'air, telle l'épineuse queue masselotte d'un de ces dinosaures dont j ai oublié le nom. Bref un peu d'action, du mastic plein les mains, le ciré maculé, prostré à la table à carte, ça aurait pu être mieux pour une cinquantième transat...en route vers l Europe, mais la tempête est toujours là, et ses vagues croisées, puissantes, qui nous couchent par deux fois... Grincement terrible, d'où ça vient? Le safran! Apparement sous le choc de cette déferlante, la mèche de safran a morflé, la barre est très dure, j y resté scotché quelques heures et puis passe le relai a Castor mon pilote, ça a l'air de le faire.

Heading to the east yesterday, disappointed not to be able to bring Pen Duick II to the other side. A large hole in the deck at the front of the boat swallows liters of each wave quickly as is lowered. The staysail that flies with this bridge piece whips the air, much like the thorny tail of one of the dinosaurs which I have forgotten the name of. Briefly a little action, putty full hands, the wax smudged, face down at the map table, it could have been better for a fiftieth transat... on the way to europe but the storm is still here with it's crossed powerful waves, knocked us twice.. terrible creaking comes? What's next ? the rudder ! Due to the shock of this huge wave, the rudder axe has thrown in the towel. Steering is very hard, I remain taping for a few hours and then pass the tiller to my autopilot, my driver looks like he will make it...

Le bonheur n'est pas dans le près

Autant la première semaine aura été relativement rapide, avec ce gros nordet qui nous aura poussé jusqu'au nord des Acores et presque habitué à une certaine vélocité. Autant la deuxième moitié de l atlantique nord est fidèle à sa statistique. Mer forte désordonnée, vent dans le pif ! Non vraiment, le bonheur n'est pas dans le près !
La nuit dernière, nous avons même inauguré le tourmentin, (c'est le foc tempête) qui, avec ses 3 m2 n'était pas si ridicule, tellement cela soufflait fort.

 

So far the first week has been relatively fast, with that big nordet which has pushed us to the north of the Azores and almost accustomed to a certain velocity. But the second half of the North Atlantic is faithful to the statistics. Strong and unorganized sea state and the wind in the face... Not really, the grass is windier on the other side!

Last night we even opened the storm jib. Together with its 3 m2 was not so ridiculous, in fact it was blowing hard.